
Une transition de vie, qu’elle soit choisie ou subie, représente une période essentielle dans une vie (licenciement, inaptitude professionnelle, départ à la retraite, burnout, changement d’emploi, déménagement, deuil, séparation, mariage, etc.).
Elle s’invite dans nos vies une ou plusieurs fois, plutôt plusieurs.
Elle vient bouleverser des habitudes, des repères, interroger et bousculer notre personnalité générant inconforts, stress, questionnements, ruminations, épuisements que l’on vive seul(e), en couple ou en famille.
Ce processus déstabilisant, plus ou moins long et propre à chacun, est unique.
La personne est fragilisée et doute de ses propres compétences, de ses valeurs, de ses talents.
Elle est entre 2 réalités: l’une qu’elle connaît bien et qu’elle est amenée à quitter, l’autre plus inconnue qu’elle est en train de construire.
Souvent, elle tient ferme et donne le change, n’en parle pas ou peu. Elle puise dans ses ressources et est sincèrement persuadée que cette agitation est passagère. Elle peut aussi rencontrer des questions de son entourage concernant ses signes de fatigue (parce que oui, c’est épuisant), sa moindre efficacité, ses moments d’agacements …
Nous l’avons tous vécu, n’est-ce pas ?
Une des solutions, pour subir le moins possible cette période et rester dans l’action, est d’envisager un accompagnement comme soutien à la transition qui se vit.
Comme un intermède, un sas de décompression proposant un espace de parole et d’écoute qui permettent de prendre du recul, de faire un pas de côté et de mettre de la distance entre soi et la situation problématique vécue.
Les pratiques narratives partent sur ces postulats de base:
- La personne est multi-histoires
- C’est la personne qui a le savoir sur sa propre vie et expérience
- La personne n’est jamais le problème
- La personne n’a pas attendu (le coach) pour mettre en place ses propres solutions
- A la place de la personne, on ne ferait pas mieux
C’est une pratique de renforcement identitaire qui fait émerger les richesses (talents, compétences, ressources, etc.) qui nous sont propres, nous permettant d’augmenter nos possibilités d’agir et de choisir et donc de faire.
Petite histoire des pratiques narratives
Les pratiques narratives ont été crées par Michael White (1948-2008), travailleur social et thérapeute familial australien et David Epston (1944-) thérapeute néo-zélandais, en Australie dans les années 1980.
Leurs 4 motivations principales étaient de:
- Redonner une voix aux minorités silencieuses
- Accompagner les personnes en souffrance
- Restaurer les identités abimées
- Permettre aux personnes de redevenir auteur/autrice de leur vie
La méthode des pratiques narratives s’appuie sur le fait que:
- Les problèmes sont considérés comme séparés des personnes. La personne n’est jamais le problème. Le problème est le problème.
- En écoutant la personne, le coach écoute « entre les mots »: il essaie d’éclaircir l’histoire du problème.
- La personne possède toujours plus d’expériences en elle pour résoudre le problème plus que tout autre personne
- La personne souhaite toujours se libérer du problème et déploie des stratégies qui sont à sa portée.
- Le contexte et l’environnement social sont souvent porteurs de discours dominants et ont une grande influence sur les histoires du problème. « … il y a toujours des sentiments et des expériences qui ne sont pas pleinement saisis par l’histoire dominante » – Jérôme Bruner